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Biographie Benja Rutabana

Benjamin « Benja » Rutabana est le neuvième enfant d’un pasteur adventiste du Rwanda. Né en 1970, il a été témoin de la montée de l’idéologie raciste promue par les dirigeants hutus du pays. En août 1973, sa famille échappe aux massacres précédant le coup d’État qui porte Juvenal Habyarimana au pouvoir. Plusieurs de ses frères et sœurs doivent alors s’exiler. Il assistera à l’empoisonnement progressif du pays par l’idéologie raciste du Hutu Power.

Le 1er octobre 1990, alors que le FPR – les Tutsis exilés en Ouganda depuis 1959 –, lance une offensive à la frontière nord du pays, le régime rwandais procède à des arrestations massives parmi les Tutsis de l’intérieur. Benjamin est arrêté, comme presque toute sa famille. Les conditions de sa détention sont un véritable enfer et nombre de ses codétenus n’y survivront pas. Il ne sera libéré que six mois plus tard, à l’occasion d’un accord international contraignant le régime Habyarimana à relâcher tous les prisonniers tutsis.

Benjamin Rutabana part alors au Burundi. Musicien talentueux, il compose et interprète Africa et Premier octobre 1990 qui deviendront de véritables hymnes dans les rangs du FPR, dont il intègre les unités combattantes en mai 1991. Il découvre alors qu’il a quitté un enfer pour un autre, tant les méthodes de formation et de décervelage des troupes de Paul Kagame sont effroyables. Mais convaincu qu’Habyarimana conduit le pays vers une purification ethnique terrifiante, il fait le choix de combattre dans les rangs du FPR.

Démobilisé en 1996, Benjamin Rutabana commence une brillante carrière de chanteur, mais plusieurs de ses proches étant dans l’opposition au régime mis en place par Paul Kagame, il est lui-même menacé.

En janvier 2000, apprenant que le président de l’Assemblée nationale est sur le point d’être emprisonné, il décide de l’exfiltrer en Ouganda, mais lui-même reste au Rwanda. Alors qu’il est sur le point d’être arrêté, un de ses amis, membre des services de renseignements rwandais, l’aide à prendre la fuite, jusqu’en Tanzanie. Mais tous deux seront bientôt livrés par les Tanzaniens aux hommes de Kagame et ramenés à Kigali pour y être emprisonnés et durement torturés. Rapidement reconnus comme prisonniers politiques par Human Rights Watch, ils seront libérés en août. Benjamin Rutabana reprend alors sa vie de musicien, avec un grand succès, mais il est menacé de mort. En 2004, il échappe de justesse à une tentative d’élimination physique et rejoint sa femme qui vit en France depuis 2001.

D’un bout à l’autre de cette histoire, dont il fait le récit dans un livre intitulé De l’enfer à l’enfer, (à paraître en mars 2014, chez Books éditions, collection « Les moutons noirs, 288 p.), à l’approche du XXe anniversaire du génocide rwandais, Benja Rutabana apparaît comme un homme doué d’une étonnante liberté intérieure, en qui l’espoir ne s’éteint jamais. Son témoignage exceptionnel jette une lumière singulière sur le drame de son pays et ses suites.

À travers la signature avec No Direction Home, « Benja » Rutabana reprend une carrière d’artiste-musicien, contrariée par les événements.

L’album Amnesia est composé de dix chansons, écrites en kinyarwanda (langue locale dérivée du bantou), en français et en anglais. Patchwork d’influence musicale de la région des Grands Lacs et de reggae africain, ces chansons ont un caractère large et universel. Certaines sont empreintes de spiritualité, d’autres comme le premier « single », Bleeding dénoncent l’utilisation des enfants dans les guerres….

Voir en ligne : Page Facebook de Benja Rutabana

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